Les 5 lumières pures

La rivière

La rivière

Pour chacun de nous, tout a commencé par l’espace primordial, la Grande Mère d’où surgit toute chose, dans lequel vit toute chose et dans lequel se dissout toute chose. Dans cette espace se produisit un mouvement. Quelle en est la raison? Personne ne le sait; les enseignements se contentent de dire: « Le vent du karma se mit en mouvement ». C’est le mouvement du niveau le plus subtil du loung ou prana, l’énergie qui emplit l’espace infini dépourvu de toute caractéristique et de toute division. Indissociable du flux de prana est le flux de la conscience primordiale, pur et dénué d’identité. Dans cette pure conscience, surgissent cinq lumières qui sont des aspects de la luminosité primordiale. Ce sont les cinq lumières pures, le niveau le plus subtil des éléments. Parler de la lumière et de la couleur des cinq lumières pures est symbolique. Ces dernières sont plus subtiles que la lumière manifeste, plus subtiles que tout ce qui peut être perçu par les yeux, plus subtiles que toute énergie mesurée ou perçue par tous les moyens possibles. Ce sont les énergies desquelles surgissent toutes les autres, y compris donc, la lumière visible.

La lumière blanche ou incolore est l’espace, la lumière verte est l’air, la lumière rouge est le feu, la lumière bleue est l’eau, la lumière jaune est la terre. Ce sont les cinq aspects de la pure luminosité, les énergies arc-en-ciel de l’unique sphère d’existence (tiglé nyag chik).

Quand nous expérimentons les cinq lumières de manière dualiste, comme des objets qu’un sujet perçoit, elles semblent devenir plus tangibles. Les cinq lumières ne deviennent pas plus grossières, mais, à cause des distorsions de la vision dualiste, l’individu les perçoit comme telles. Au fur et à mesure que les éléments semblent devenir plus palpables, nous les distinguons davantage et, par leurs interractions, elles manifestent tous les phénomènes, y compris sujets et objets, qui échafaudent toute l’expérience dualiste.

Finalement les cinq lumières deviennent les éléments bruts et physiques naturels et forment cinq catégories de qualité appartenant à la réalité extérieure. Elles deviennent les différentes dimensions de l’existence qui forment les mondes variés dans lesquels vivent les êtres, avec et sans formes. Intérieurement, les cinq lumières semblent s’épaissir et former les organes, les cinq branches du corps, les cinq doigts de chaque mains, les cinq orteils de chaque pied, les cinq sens et les cinq champs sensoriels. Les cinq éléments deviennent les cinq émotions négativessi nous restons dans l’illusion ou les cinq sagesses et les cinq familles de bouddha, si nous reconaissons leur pureté.

Ce n’est pas une histoire de la création qui se serait passée il y a bien longtemps. Ceci concerne la façon dont nous vivons en tant qu’individu, l’ignorance et l’illumination. Si l’on reconnaît les cinq lumières comme non-duelles, ou comme manifestation de la pure base de tout ce qui existe (kunshi), c’est le début du nirvana. Si l’on perçoit les cinq lumières de façon dualiste et comme quelque chose vivant à l’extérieur, tels les objets vis à vis du sujet, c’est le début du samsara. Ce n’est pas la conscience qui s’égare ou s’éveille – elle reste non duelle et pure – ce sont les aspects qui s’en élèvent qui peuvent être soit positifs, soit négatifs. Si la conscience s’intègre et s’identifie aux qualités pures, un bouddha naît de la base; si elle s’identifie aux qualités impures, naît un être samsatique. En cet instant même le processus est en cours.

Selon que nous intégrons notre expérience immédiate à la conscience non duelle ou que nous nous accrochons à la séparation mensongère de notre moi (en tant que sujet expérimentant des objets et des êtres extérieurs), nous demeurons dans l’état naturel non duel ou dans l’esprit illusoire.

L’histoire des cinq lumières peut nous apprendre à travailler avec l’expérience. Ce qui se manifeste dans l’expérience commence généralement à des niveaux subtils pour atteindre des niveaux plus grossiers. Ceci est vrai pour tous processus qui conduit à de nouvelles choses ou à de nouvelles entités, que ce soit la naissance d’un idée ou la naissance d’une planète. Le corps physique d’un individu commence par le désir qui aboutit à la sexualité et qui rassemble deux minuscules cellules qui se développent en un corps humain complet. Le langage, son pur au commencement, prend une signification pour aboutir à toutes les philosophies et poésies humaines. Les physiciens nous disent que l’univers est né de l’énergie condensée en un point indistinct d’où surgit un processus de structures de plus en plus complexes, sous forme d’étoiles, de planètes et d’organismes. Les problèmes débutent souvent par un malentendu, comme un différent religieux ou politique, pour aboutir à des controverses, à des animosités tenaces et même des guerres.

Les dispositions et conditionnement karmiques déterminent la nature du monde où nous habitons: ce que nous expérimentons à l’extérieur est une projection de ce qui est à l’intérieur. Ce monde est un enfer pour certains et un paradis pour d’autres.

La philosophie boeun et bouddhiste nous dit qu’au-delà de ces différences, tout être et toute chose sont vide d’existence propre et, en fait, entièrement irréels. La physique moderne reconnaît que la matière s’avère constituée d’énergie et d’espace.

Tenzin Wangyal Rinpoché

source: « Guérir par les formes, l’énergie et la lumière » aux éditions Claire lumière

 

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